Arts visuels

Zoom sur les Rencontres d’Arles

Festival incontournable de la photographie

Après Avignon et son célèbre festival de théâtre, nous continuons à sillonner le sud de la France pour rejoindre la ville d’Arles, en Provence, qui autrefois fut la capitale provinciale de la Rome antique.

L’été à Arles, la photographie prend ses quartiers dans toute la ville dans le cadre du festival le plus attendu dans ce domaine. Du 1er juillet au 29 septembre 2024, les Rencontres d’Arles invitent les amoureux de la photographie à découvrir une trentaine d’expositions et une programmation riche et variées autour de l’image et de ses expressions artistiques. Zoom sur les Rencontres d’Arles, son histoire, son ADN et ses dernières actualités !

 

Les Rencontres d’Arles © Julio Perestrelo

 

Les Rencontres d’Arles, 55 éditions de photographie

La ville d’Arles n’est pas inconnue des artistes. Au XIXe siècle déjà, Arles a largement inspiré les peintures du célèbre Vincent Van Gogh, qui y a séjourné pendant plusieurs années. La ville est également réputée pour son patrimoine datant de l’Antiquité, notamment son amphithéâtre, qui accueille aujourd’hui de nombreuses manifestations culturelles.

C’est dans ce cadre patrimonial et culturel exceptionnel que trois grands hommes de l’art ont eu l’idée de faire naître ce qui deviendra le plus important festival de photographie du monde.

En 1970, le photographe Lucien Clergue, l’écrivain Michel Tournier et l’historien Jean-Maurice Rouquette ont une ambition : promouvoir la photographie en tant qu’art à part entière, elle qui, à l’époque, était considérée comme un art « mineur ». Les trois protagonistes décidèrent de rendre honneur à cette discipline en créant un festival qui servira de plateforme d’expression aux talents photographiques du pays et de l’étranger.

 

Rencontres d’Arles 1974. Commanderie Sainte-Luce, Conférence avec Dieuzaide,

Tournier, Doisneau, Kertész. 1974. © Pierre-Jean Amar

 

Dès la première année, les Rencontres d’Arles intriguèrent et attirèrent 200 visiteurs. 55 éditions plus tard, ce sont plus de 145 000 visiteurs qui se rendent à Arles durant l’été pour célébrer la photographie.

 

 

Un événement majeur et populaire

Depuis sa création, et particulièrement depuis le début des années 2000, les Rencontres d’Arles ont connu un succès croissant. Elles attirent aujourd’hui des artistes, des critiques, des commissaires, des amateurs de photographie et de simples curieux du monde entier. Au fil des ans, elles sont devenues une grande célébration populaire de la photographie.

Chaque année, des dizaines d’expositions permettent de présenter auprès du plus grand nombre des travaux photographiques phares, de mettre en valeur de nouvelles tendances et de promouvoir des artistes émergents. Elles ont notamment permis de mettre en lumière des artistes désormais très renommés parmi lesquels Robert Frank, William Klein, Nan Goldin, Cindy Sherman.

Le programme tire également sa richesse de la multiplicité des points de vue de photographes et de commissaires d’exposition d’horizons différents. Il arrive que les artistes se voient confier une partie de la programmation, comme ce fut le cas pour Martin Parr, Raymond Depardon ou le couturier arlésien Christian Lacroix. Avec le souci de décloisonner les pratiques, la photographie entre parfois en résonance avec le cinéma, la musique ou l’architecture.

Proposant des expositions innovantes mais aussi des conférences, des débats, des ateliers, des projections, le festival se veut le décrypteur, année après année, d’un monde qui change, à travers le regard des photographes.

Affiche officielle du festival des Rencontres d’Arles 2024

 

 

L’édition 2024, « Sous la surface » des images

La ville d’Arles n’est pas inconnue des artistes. Au XIXeIntitulée « Sous la surface », l’édition 2024 des Rencontres d’Arles explore les récits alternatifs et les marges de la société comme des images. Photographes, artistes et commissaires dévoilent leurs visions, leurs histoires.

Parmi les expositions phares, la première rétrospective mondiale de la portraitiste américaine Mary Ellen Mark présente une société où se côtoient célébrités et marginalisés, tandis que la photographe espagnole Cristina De Middel, inspirée par Jules Verne, lance une invitation vers son Voyage au centre et livre l’histoire d’une migration entre le Mexique et la Californie.

Sophie Calle. Finir en Beauté, 2024. © Anne Fourès

 

Cette année, le festival présente également des expositions d’artistes français majeurs comme Sophie Calle, qui met en scène des images dégradées par le temps et les champignons, et Nicolas Floc’h, qui aborde la pollution de la mer et du Mississippi, à la recherche de la couleur sous la surface de l’eau. Des expositions de jeunes talents comme Coline Jourdan et Marilou Poncin montrent par ailleurs la diversité et le dynamisme de la scène émergente française.

 

Nicolas Floc’h. Delta du Mississippi, Bayou, Louisiane, série Fleuves Océan

Mississippi, 2022. © Nicolas Floc’h / Galerie Maubert / Adagp, Paris

 

À l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris, le sport est aussi mis à l’honneur avec une présentation des collections du musée Olympique et du musée Photo Elysée de Lausanne. En parcourant un patrimoine photographique inédit, le public pourra vivre en images les plus grandes manifestations sportives du passé.

Enfin, cette édition est également l’occasion de découvrir des photographes chinois et leur regard sur la mutation de la société. Tandis que Mo Yi présente ses premiers travaux expérimentaux témoignant d’une Chine nouvelle lors de la seconde moitié du XXe siècle, le jeune photographe Lahem se confronte aux fractures de la modernité du XXIe siècle en entament une odyssée de retour dans son village.

 

 

Mo Yi. Self-Portrait, série 1m, The Scenery Behind Me, 1988.

© Moyi / UCCA Center for Contemporary Art

 

Chaque année, les Rencontres d’Arles se déroulent également hors les murs, et s’exportent grâce à des initiatives menées à l’étranger, y compris en Chine. Depuis 2015, Xiamen accueille des expositions et des manifestations culturelles autour de la photographie issues du festival arlésien, grâce à l’initiative « Jimei x Arles International Photo Festival », co-initiée par les Rencontres d’Arles et le Three Shadows Photography Art Center. En 9 ans, ce festival est devenu un rendez-vous central de la photographie contemporaine en Chine et un bel exemple de la coopération franco-chinoise dans ce domaine.

Rendez-vous cet été à Arles ou cet hiver à Xiamen pour célébrer la photographie !

 

Vue d’exposition de Lahem, Fracture de la Modernité : Odyssée du retour dans la ville natale.

Arles x Xiamen 2023. © Jimei x Arles International Photo Festival

 

Date de publication: 5 juillet 5, 2024