Arts visuels

Dialogue avec Ben Elliot

Perfect 365 N°2, © Ben Elliot
Metaone, © Ben Elliot
My Little Friend (Mon ami), © Ben Elliot

Ben Elliot, artiste français participant à l’exposition de nouveaux médias franco-chinois « Dissolution du temps, archéologie pour le futur »


Né en France en 1994, Ben Elliot s’intéresse à l’impact des technologies émergentes, à l’essor du marketing d’influence et à la formation des tendances socio-économiques. Ses œuvres sont conservées dans plusieurs institutions, notamment au Musée d’art X de Pékin, au Musée La Meca de Bordeaux en Nouvelle-Aquitaine, en France, au VR Dafaux à Paris, au Musée d’Art Contemporain Africain de Marrakech au Maroc et à la Fondation d’Art Hik.

Il est influenceur et artiste, artiste et influenceur. Sur Instagram, on peut le voir prendre la pose dans des endroits magnifiques – sur une plage, au bord d’une piscine, dans la mer turquoise, sous les cocotiers ou au milieu du désert. Il va bien, il voyage, il mène la belle vie. Comme tous les influenceurs, il partage sur les réseaux sociaux les clichés parfaits d’une vie parfaite. « Les influenceurs sont les nouveaux acteurs de notre époque, dit-il. Beaucoup de leurs caractéristiques sont intéressantes à étudier et, parfois, à reproduire ». Et c’est exactement ce qu’il fait : il reproduit des choses qu’il a déjà vues. Mais il fait davantage encore. Pour Ben Elliot, ce qui constitue le travail quotidien d’un influenceur devient de l’art. Il organise une fête, lance un nouveau produit sur le marché, ouvre une boutique, collabore avec des marques. Son nom lui-même devient une marque. Il a son évènement festif (Ben Elliot Party), son eau (Ben Elliot Water), sa boutique (Ben Elliot Shop). —— NUMÉRO ART, 20 novembre 2020, par Anika Meier

Votre œuvre évoque souvent l’impact de la technologie sur notre quotidien, qui semble être une source de création importante. Pour vous la présence de ces technologies est-elle intrinsèquement liée à nos vies contemporaines ? De quelle manière la questionnez-vous ?
Oui, les nouvelles technologies sont intrinsèquement liées à nos vies contemporaines. Elles permettent de lier de manière intelligente l’humain et son environnement. Mes projets mettent en lumière ces nouvelles idées, de la façon la plus créative, innovante et positive possible.

Une de vos œuvres est inspirée d’une application chinoise de retouche de photos, pourquoi avoir choisi cette application ? Pourriez-vous nous parler de cette œuvre ?
C’est une des applications les plus utilisées au monde, et que j’utilise moi-même depuis des années pour retoucher mes photos. L’œuvre Meitu MakeupPlus date de 2018, à l’époque il y avait une section « foundation », fond de teint digital en 12 teintes. Ces 12 teintes sont la synthèse de toutes les data de peaux uploadées en ligne par les utilisateurs de l’application. J’ai extrait de celles-ci 12 toiles qui reprennent les motifs des icônes sur l’application, élargies en 3D.

Pourquoi avez-vous choisi d’exposer en Chine ? Quels sont vos liens avec l’Asie ?
La Chine est un endroit où ce que je fais peut être compris et apprécié instinctivement. Je m’inspire de la culture internet asiatique dans certains projets. L’Asie est une des premières régions à avoir intégré les nouvelles technologies dans sa culture. J’ai beaucoup voyagé en Asie et je me sens proche de la façon penser des habitants de ce continent. La technologie fait partie du quotidien, avec un impact et une réception positive. Le mélange entre nature, héritage et technologie est équilibré et acquis.

Pour plus d’informations sur l’exposition de nouveaux médias franco-chinois « Dissolution du temps, archéologie pour le futur » :
Dissolution du temps, archéologie du futur

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Date de publication: 17 mai 2024